À Maroua, la lutte contre l’insalubrité urbaine franchit une nouvelle étape. En marge de la Semaine nationale de l’Habitat, le Ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, a remis une balayeuse mécanique à la Communauté urbaine. Cette dotation vise à améliorer l’entretien des principales artères nouvellement aménagées dans le cadre du Programme C2D Urbain Capitales Régionales, des abords des marchés et des espaces publics, tout en renforçant les capacités locales de gestion des déchets.

Un équipement pour des villes plus propres
C’est devant les autorités administratives, municipales et traditionnelles que le Ministre a procédé à cette rétrocession, présentée comme un appui concret aux collectivités face à la pression sanitaire et environnementale liée à la croissance urbaine. Selon le Ministre Célestine Ketcha Courtès, la rapidité de l’expansion des villes camerounaises impose de renforcer les capacités de collecte et d’entretien de l’espace urbain, dans un contexte où les taux de collecte restent insuffisants dans les grandes agglomérations.
À Maroua, cet engin devra permettre d’intensifier le balayage des principaux axes routiers, des abords des marchés et des espaces publics, en complément des dispositifs existants de pré-collecte et de ramassage.


Déchets : d’une nuisance à une ressource
Au-delà de la dotation matérielle, le Ministre a réaffirmé l’orientation issue des États généraux sur la gestion des ressources en déchets urbains, tenus à Yaoundé les 6 et 7 mai 2025 : faire des déchets une ressource et non plus seulement une contrainte. Ces assises, co-organisées par le ministère de l’Habitat et du Développement urbain et celui de la Décentralisation et du Développement local, ont posé les bases d’une économie circulaire appliquée aux déchets ménagers et assimilés.
Dans cette logique, les déchets doivent être progressivement orientés vers des filières de valorisation : production de compost, récupération de matériaux recyclables, et, à terme, transformation en sources d’énergie.
Feuille de route : du cadre national à l’action locale
La remise de la balayeuse s’inscrit dans la mise en œuvre de la feuille de route issue de ces États généraux, qui décline un plan d’actions immédiates, à court et moyen terme pour structurer la gestion des déchets. Parmi les axes prioritaires figurent :
La structuration de la pré-collecte et l’amélioration des taux de collecte dans les communes ;
Le renforcement de la gouvernance locale et la contractualisation avec les opérateurs ;
La mise en place progressive d’infrastructures de transfert et de traitement adossées à l’économie circulaire (plateformes de regroupement, centres de transfert, sites de valorisation) ;
La mobilisation de financements dédiés, notamment via un compte d’affectation spéciale et des partenariats avec les bailleurs.
Pour la Communauté urbaine de Maroua, la traduction concrète de cette feuille de route passera par l’intégration de la nouvelle balayeuse dans un dispositif élargi : planification des tournées de nettoiement, coordination avec les services de pré-collecte, identification de sites de regroupement et, à terme, participation à des filières locales de valorisation des déchets.


Attentes : des résultats visibles sur le terrain
Reste maintenant à transformer cette dotation et ce cadre stratégique en améliorations tangibles pour les populations : rues régulièrement balayées, points noirs résorbés, espaces publics entretenus et, progressivement, déchets mieux triés et valorisés. C’est sur ces résultats concrets que se jugera, à Maroua comme ailleurs, la réussite de la politique nationale « Pour des villes propres et prospères grâce à leurs ressources en déchets ».



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